Le choix du renforçateur

La première étape tout travail de flair est le choix de la récompense. Pour ce faire, vous utiliserez un renforçateur sous forme de nourriture ou de jouet. La notion de récompense est toutefois variable d’un chien à l’autre, tout comme elle l’est pour nous. Vous allez choisir, puis identifier parmi les deux grands classiques : la nourriture ou le jouet, quel est le renforçateur préféré de votre chien.

L’entraînement des chiens consiste majoritairement à créer l’attente « juste » du chien, lorsqu’un nouvel élément est appris. On veut que le chien associe son comportement à la récompense, de sorte qu’il veuille répéter le comportement à nouveau. Cela fait référence à un accroissement de la motivation. Lorsqu’on parle d’« attente », cela n’implique pas seulement que le chien attend son jouet ou une friandise quand il piste, s’assied ou marche au pied. L’attente de l’environnement inclut également le niveau d’activité et les sentiments associés à la récompense. Le chien va aussi ressentir et montrer une certaine attitude dans le contexte de l’exécution d’un comportement. Certains comportements sont mieux effectués quand le chien est calme et concentré, alors que d’autres requièrent plus de vitesse et d’énergie. Un chien confronté à une tâche difficile durant une recherche aura besoin d’une certaine attitude pour prévenir d’un éventuel abandon. Cette attitude est façonnée à travers les entraînements et, par-dessus tout, par le choix de la récompense, mais aussi l’émotionnel dans lequel on plonge le chien dans le contexte de la récompense choisie.

On veut créer un chien qui va mettre les gaz dans la difficulté – un chien ayant des lacunes sur la bonne « attente » ne va probablement pas changer de vitesse. Vous comprenez maintenant pourquoi le choix de la récompense adéquat est déterminant en éducation canine.

🍗 Pour qu’elle soit considérée comme récompense, elle doit être fortement appétante pour votre chien, idéalement semi-humide, petite et facile à transporter. On peut aussi opter pour les pâtes à tartiner ou pâté de foie/saumon/etc. pour chien, en fonction de ce qu’on souhaite obtenir (particulièrement efficace pour “calmer” les chiens qui montent très vite en excitation).

Amusez-vous à faire choisir votre chien, en lui proposant différentes friandises, puis observez laquelle aura sa préférence. Vous affinerez au fur et à mesure ses choix afin de déterminer la nourriture ou friandise qui prime sur les autres. Vous aurez ainsi une liste d’aliments que vous pourrez classer du moins attrayant au préféré.

Exercice du choix de la friandise :

  1. Prenez dans chacune de vos mains une ou plusieurs friandises, une différente dans chaque main. Par exemple, dans la main droite prenez des croquettes et dans la main gauche du poisson séché. Présentez les deux mains en même temps à votre chien, et observez vers quelle main il se dirige en premier. Donnez-lui la friandise de son premier choix.
  2. Dans votre main gauche, prenez à nouveau une ou plusieurs friandises qu’il vient de choisir, et dans la main droite, une nouvelle friandise (du commerce, saucisse ou autre). Observez à nouveau vers quelle main il se dirige en premier et offrez- lui la friandise de son choix. Pensez à changer les friandises de mains si vous observez que votre chien se dirige systématiquement vers la même main. Au lieu de les tenir dans la main, vous pouvez effectuer cet exercice en les posant au sol ou dans des petites coupelles placées côte à côte.
  3. Répétez l’étape 2 jusqu’à avoir épuisé votre catalogue de récompenses alimentaires possibles. N’oubliez pas de noter les résultats des choix de votre chien, et n’hésitez pas à affiner cette liste au maximum.

🎾 Le jeu

En travail de flair, et plus spécifiquement en détection canine, la balle et le Kong sont les jouets les plus couramment utilisés. Ils sont faciles à cacher, optimaux pour récompenser rapidement, et confortent le chien dans sa chasse prédatrice. Lorsqu’on utilise le jeu, il est important d’apprendre au chien à rendre le jouet, de manière à pouvoir travailler de manière fluide, et éviter de devoir entrer en conflit avec le chien après chaque récompense. Une «patte» (chiffon), un boudin ou une peluche peuvent être une alternative pour les chiens que la balle n’intéresse pas.

Tout comme pour la nourriture, je vous invite à jouer avec votre chien afin de déterminer la « hiérarchie » de préférence pour les jouets. Nous aurions tort de penser à la place de notre chien, et en enquêtant un peu, on se rend vite compte que les chiens privilégient un jeu à un autre. Vous pouvez sans autre appliquer l’exercice du choix de la récompense alimentaire expliqué ci-dessus aux jouets.

🙋🏻‍♀️ Récompense sociale

On parle peu de la récompense sociale et elle est pourtant toute aussi importante pour le chien que la récompense alimentaire ou le jeu. Nos compagnons sont des animaux sociaux qui, bien souvent, passent de longues heures seul, à attendre le retour du travail de leur propriétaire. Les activités à pratiquer avec un chien se listent par dizaines ; en pratiquer une ou plusieurs renforce sans aucun doute le lien avec le propriétaire.

Dans son étude, le Dr. Valli Parthasarathy démontre qu’il y a un accroissement du temps passé avec le chien lorsqu’on participe au travail de flair. La recherche a démontré que même une légère augmentation du temps passé à interagir avec votre chien va réduire l’anxiété de séparation du chien, améliorer l’éducation et aider à la formation d’un lien plus fort humain-chien.

Dans leur étude menée en 2015, appelée « Shut up and pet me » (Tais-toi et caresse-moi), Feuerbacher & Wynne ont testé les chiens sur leurs préférences sociales. Les animaux testés se partageaient en deux catégories : les chiens de refuge et les chiens de compagnie. Lors de la mise en situation, les chiens ont été successivement placés dans trois pièces différentes avec 3 types de scénarios : première pièce : louanges vocales, deuxième pièce : caresses, troisième pièce : aucune interaction. Le résultat de cette étude démontre que les deux populations canines (chiens de refuges et chiens de compagnie) ont passé significativement plus de temps dans la pièce où l’interaction était la caresse comparée à celle où il s’agissait de louanges vocales. Globalement, la caresse semble être une interaction importante entre les chiens et les humains qui pourraient maintenir un comportement social interspécifique, alors que la louange vocale doit être spécifiquement conditionnée.

Quoi qu’il en soit, la plupart des récompenses sont connectées à vous. Cela peut être au travers d’un jouet spécial que le chien adore et dont vous tenez l’autre bout, un signal tactile, une caresse ou une friandise que vous donnez – tout cela va créer des attentes sociales associées à vous. Une règle importante devrait être que le conducteur ne crée pas d’attente excessivement haute. Au travers de différents exercices proposés dans ce cours, vous utiliserez des récompenses appropriées pour que votre chien se détache progressivement de vous et qu’il se concentre sur l’environnement.

💡 Dans ce chapitre, je vais également vous présenter un principe très utile selon les problématiques qu’on peut rencontrer en comportement: le principe de Premack.

En éducation canine, le principe de Premack est une méthode de renforcement où un comportement moins désirable ou moins probable que le chien choisit de son propre chef (comme s’asseoir calmement, venir quand on l’appelle ou laisser un objet) est renforcé par la possibilité d’effectuer un comportement plus désirable ou plus probable selon le chien (comme jouer à la balle, aller chercher un jouet ou courir après une odeur intéressante).

L’application du principe de Premack dans l’éducation canine pourrait ressembler à ce qui suit :

  1. Observation des Préférences : Le dresseur observe le chien pour déterminer quelles activités ou récompenses le chien trouve les plus attrayantes (courir, jouer, explorer, etc.).
  2. Conditionnement : Le dresseur demande ensuite au chien d’effectuer une action moins désirable ou moins probable (un « travail » comme s’asseoir ou attendre) avant de lui permettre de s’engager dans l’activité plus désirable (la « récompense » comme jouer).
  3. Conséquence : Si le chien exécute le comportement moins désirable, il obtient immédiatement l’accès à l’activité plus désirable. Ainsi, le chien apprend que pour obtenir ce qu’il veut vraiment, il doit d’abord faire ce que le dresseur demande.
  4. Répétition : Avec la répétition, le comportement moins désirable devient plus probable car le chien l’associe avec la perspective de la récompense désirable.


Télécharger Choix du renforçateur

Inspirez-vous de cette vidéo pour appliquer cet exercice au choix du jouet préféré de votre chien. Ainsi vous aurez tout un panel de renforçateur à disposition, et un ordre d’importance définit par votre chien. Des outils en or pour la suite!